L’innovation, c’est ce qui distingue un leader d’un suiveur.
Commençons en douceur
Bonjour à toutes et à tous ! Je vous ai manqué ? Non ? J’en doute fort, mais aujourd’hui, vous allez lire ce qui sera l’avant-dernier article de cette année, qui m’a semblé passer à une vitesse terrifiante. Oui, il est possible que dans certains articles précédents, j’aie dit exactement le contraire, mais finalement, en prenant du recul, je dois admettre que je me suis lourdement trompé. Je ne sais pas si c’est à cause de la routine, l’âge (rions) ou certains événements dans ma vie, mais je trouve que les choses vont vraiment vite en ce moment.
Pour vous dire, au travail, je vois déjà les événements de fin d’année arriver et je me dis : « Mais attendez… c’était il n’y a pas si longtemps que ça, non ??? ». Et puis, je me remémore tout ce qui s’est passé cette année et non, je ne suis pas devenu fou et je ne suis pas en train de développer des trous de mémoire. On y arrive doucement, mais sûrement, et puis j’ai déjà hâte de pouvoir passer du temps en famille et avec les proches durant les fêtes de fin d’année. Je critique souvent le climat méditerranéen en hiver, mais soyons sérieux deux minutes : l’été ici a été plutôt intenable. L’arrivée des températures clémentes et des jours de pluie va certainement m’empêcher de faire mes 7 000 pas réglementaires, mais au moins, ce sera beaucoup plus supportable pour moi, pour vous… et aussi pour notre planète, qui a bien souffert.
En attendant, c’est l’heure de parler de nos amis (non) les Américains, pas sous un angle généraliste (peut-être un jour), mais à travers un sujet qui me tient à cœur depuis plusieurs mois : notre dépendance aux technologies américaines. Je vais essayer de laisser la politique de côté (spoiler : je n’y arriverai pas toujours, Donald ne m’aide pas) pour me concentrer sur du concret, dans le domaine des technologies informatiques, bien évidemment sans trop rentrer dans les détails techniques pour éviter de vous perdre. Mais, vous me connaissez, une fois lancé, il est plus que difficile de ne pas parler à cœur ouvert !
Citoyen, appliquez
Avant de commencer à écrire comme un dingue, je tiens à remercier toutes les personnes qui vont lire cet article, volontairement ou involontairement, et qui l’ont découvert en faisant une recherche Google (peu probable) ou tout simplement en me trouvant sur ChatGPT… Merci à mon empreinte numérique, qui me le rendra bien un jour, j’espère. Eh oui, ce mois-ci, j’ai repris contact avec d’anciens joueurs de Garry’s Mod, le jeu auquel j’ai dédié mon plus gros article à ce jour. Essentiellement des joueurs de la communauté de jeu de rôle Combined Roleplay, ils m’ont plus que chaleureusement remercié pour leur avoir rappelé de très beaux souvenirs, vieux de plusieurs années.
Et à la suite de leurs retours, j’ai éprouvé la même chose : de la nostalgie. Pour certains, la nostalgie est un aspect négatif de notre condition humaine ; moi, je pense tout le contraire. Je trouve ça formidable : cela nous permet d’avoir une certaine forme d’humilité sur nos actions passées et, parfois même, de nous sentir fiers d’avoir accompli quelque chose de bien. Quoi qu’il en soit, il faut être fier de la personne que l’on est aujourd’hui, de notre passé, de notre situation et de nos aspirations. Tout ne peut pas être rose dans une vie, il y a des hauts et des bas, mais l’avenir est bleu 🩵 quand on s’en donne les moyens. Même dans les pires situations, mon optimisme me laisse penser que les personnes les plus malheureuses sont parfois les plus heureuses dans leur condition : elles savent être humbles, reconnaître leurs erreurs et donner la plus belle expression de l’humanité.
Capture d’écran de la soirée de fin d’année de la communauté Combined Roleplay sur Garry’s Mod (2014)
(Crédit photo : Moi-même)
Pour toutes ces choses-là : pour certains de ces anciens joueurs, notre réalité n’était pas simple, et un jeu vidéo nous a réunis, nous a fait grandir et a aidé beaucoup d’entre nous à devenir des femmes et des hommes épanouis. Je suis certain qu’à l’heure où j’écris ces lignes, des enfants qui ont l’âge que j’avais en 2013 ou 2014, déboussolés, perdus ou déconnectés de leur quotidien, utilisent ce genre de plateforme pour échapper à la réalité, se faire des amis certes virtuels, mais avec qui ils forgeront des amitiés pour longtemps, se construire en tant que personnes et profiter à leur manière. À ces héros, dont je sais ce qu’ils peuvent ressentir : soyez forts, votre avenir sera tout aussi radieux que celui de n’importe qui d’autre. 💪
Je n’aurai jamais de mots assez forts envers les parents, les politiques ou toute autre forme d’autorité qui méprisent les jeux vidéo pour toutes ces raisons-là. Une vision aussi arriérée ne doit pas être admise, les mentalités doivent évoluer. Et quand je constate aujourd’hui, au travers des manifestations de lycéens, que des adultes passé la quarantaine ou la cinquantaine crachent sur leurs revendications et les traitent de tous les noms parce qu’ils s’opposent aux forces de l’ordre, j’aurais honte d’être leur progéniture. Ce sont des personnes ingrates, sans considération ni sens moral envers toute une génération de gamins qui étaient dans le même cas que moi, il y a 15 ans.
La minute vidage de sac est presque terminée. ☺️
L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire.
Tu as oublié quelque chose, je suis colère
Dans l’article précédent, je vous racontais comment j’avais perdu ma voiture. Pour l’instant, je n’ai aucune mise à jour à vous transmettre concernant le filou qui s’est enfui, mais voici, comme promis, la photo de la nouvelle Florian-mobile, qui devrait m’accompagner pendant les années à venir. Pour les mécanophiles, il s’agit d’une Renault Clio 6, finition Techno, avec un moteur TCe 1.2 de 115 ch (nique l’hybride). On remercie grandement mon assurance, qui m’a permis de m’offrir cette voiture incroyable à un prix défiant toute concurrence et dans un état quasi neuf, avec seulement 600 kilomètres au compteur.
Photographie de ma Renault Clio VI lors de son premier voyage (2026)
(Crédit photo : Moi-même)
C’est bon, on peut commencer ? 😏
La France et l’informatique
Avant de parler du très célèbre Steve Jobs et de sa conférence mythique de 2007, quand l’iPhone a été présenté au monde entier, on va devoir se remémorer comment la France a, elle aussi, révolutionné l’informatique et le monde des technologies à son époque. Pour faire ça, nous allons parler du… suspense… Minitel.
Photographie d’un Minitel 1 datant de 1982 (2005)
(Crédit photo : Tieum)
En réalité, j’ai très peu à dire sur le sujet du Minitel. D’abord parce qu’il a été lancé en 1980, autant vous dire que je n’existais même pas en tant que matière vivante, donc je ne vais pas vous réciter des connaissances de Wikipédia ou d’autres. Toutefois, je peux vous présenter des inventions que nous, Français, avons créées et dont on peut être un peu fiers. Oui, faisons un peu de patriotisme. Voici une liste d’appareils ou d’inventions que nous avons créés.
- La carte à puce ;
- Le terminal de paiement ;
- Le micro-ordinateur ;
- Le réseau à datagrammes ;
- Le modem (enfin presque).
La carte à puce, c’est sans doute notre plus belle réussite. Roland Moreno la brevette en 1974, et aujourd’hui, elle est partout : dans votre carte bancaire, votre carte SIM, votre carte Vitale, votre badge d’entreprise. Vous en avez probablement trois ou quatre sur vous en lisant ces lignes, et les nano-puces 5G contenues dans les vaccins de Bill Gates ne comptent pas, évidemment.
Photographie d’un des premiers prototypes de carte à puce par Roland Moreno en 1975 (2015)
(Crédit photo : Bruno Barral)
Le terminal de paiement, c’est le compagnon naturel de la carte à puce. Ingenico, fondée en 1980, en a fait un standard mondial. La prochaine fois que vous payez votre baguette par carte bleue, béret sur la tête et bouteille de vin rouge sous le bras gauche, ayez une petite pensée pour eux. D’ailleurs, en parlant de TPE, nous devrions aussi être fiers de nos cartes bancaires, longtemps surnommées « Carte Bleue », et de leur réseau CB, un véritable réseau interbancaire national qui nous permet d’être indépendants des réseaux américains Visa et Mastercard. Ce surnom tend à disparaître avec les années, mais le réseau existe toujours, fonctionne et permet aussi aux sites de commerce en ligne français de ne pas avoir peur d’un énième coup de sang de Donald.
Photographie d’un terminal de paiement électronique avec une carte Visa insérée (2018)
(Crédit photo : Basile Morin)
Le micro-ordinateur, oui, c’est bien chez nous. En 1973, François Gernelle conçoit le Micral N, le premier micro-ordinateur commercialisé à base de microprocesseur. Deux ans avant l’Altair, quatre ans avant l’Apple II. Bon, l’histoire a surtout retenu les Américains 😡, mais on était là les premiers. Pas trop fâché, Steve Jobs ?
Photographie d’un Micral N exposé à la Cité des sciences et de l’industrie (2018)
(Crédit photo : David Monniaux)
Le réseau à datagrammes, c’est moins sexy à raconter, mais c’est peut-être le plus important. Au début des années 1970, Louis Pouzin et son équipe développent le réseau CYCLADES, dont les idées ont directement inspiré le protocole TCP/IP, aujourd’hui utilisé par la quasi-totalité des équipements informatiques dans le monde. Autrement dit, un petit bout d’Internet a l’accent français. Et à ne pas confondre avec CYCLONES : je m’y suis repris à deux fois avant de l’écrire correctement.
Plan de la topologie prévue pour Cyclades en janvier 1973 (2017)
(Crédit photo : Michel Bakni)
Et le modem, acronyme étonnant de modulateur-démodulateur ? Alors là, je dois être honnête : il n’est pas français, il est américain sigh. Mais c’est bien la France qui en a mis un dans des millions de foyers grâce au Minitel, à une époque où le reste du monde n’en voyait pas encore l’intérêt. On n’a pas inventé l’outil, mais on a été les premiers à en faire un usage de masse. Ça compte aussi, non ?
Photographie d’une Livebox 1.2 de l’opérateur Orange avec modem intégré (2007)
(Crédit photo : Myriam2804)
Bref, la prochaine fois qu’on vous dit que la France a raté le virage du numérique, vous saurez quoi répondre. On ne l’avait pas raté, mais aujourd’hui, bah… euh… vous avez vu la météo du jour ? 😘
One more thing… le jour où Steve a réinventé le téléphone
Si vous avez déjà regardé une keynote, ces grandes conférences d’Apple, vous connaissez sûrement la petite phrase fétiche de Steve Jobs : « One more thing… ». Ce moment où, alors que tout le monde pense que la présentation est terminée, il sort enfin la vraie surprise de la soirée. Et s’il y a bien une présentation qui a changé notre rapport à la technologie, c’est celle du 9 janvier 2007.
Bien, on se remet un peu dans le contexte de l’époque. Nous sommes à San Francisco, lors de la Macworld, le grand salon annuel des fans d’Apple. Steve Jobs, galvanisé par sa reprise en main de l’entreprise qui l’avait mis à la porte des années plus tôt, monte sur scène en jean, baskets et col roulé noir, l’uniforme du génie (ou du prof sympa de français qui va te coller un DS, au choix). Il annonce non pas un, mais trois produits révolutionnaires : un iPod à écran large avec commandes tactiles (oui, le fameux baladeur MP3 d’Apple, en version XXL), un téléphone mobile d’un nouveau genre et un appareil de communication Internet novateur. Puis il les répète, encore et encore : « Un iPod, un téléphone, un communicateur Internet. Un iPod, un téléphone… ». Jusqu’à ce que la salle finisse par comprendre : ce ne sont pas trois appareils, mais un seul. Et il s’appelle l’iPhone.
Mème du réalisateur Martin Scorsese utilisé pour saluer un moment spectaculaire (2020)
(Crédit photo : YashChillinn)
Puis il dit : « Aujourd’hui, Apple va réinventer le téléphone. » Rien que ça. Venant de n’importe qui d’autre, on aurait ri à gorge déployée. Venant de lui, la salle applaudit à tout rompre. Il faut dire que la démonstration est bluffante pour l’époque : il fait défiler ses contacts du bout du doigt, zoome sur une photo en écartant deux doigts, affiche une vraie page Web complète et pas une version au rabais pour mobile. Et il en profite pour tacler la concurrence et ses stylets : qui veut d’un stylet ? Personne, Steve, personne. 😐
Soyons honnêtes deux minutes : le premier iPhone, sorti le 29 juin 2007 aux États-Unis, était loin d’être parfait. Pas de 3G, alors que la concurrence l’avait déjà. Pas d’App Store, il faudra attendre l’été 2008. Pas de copier-coller, il faudra attendre 2009 (oui, vous avez bien lu). Pas de MMS non plus, vous savez, le truc qu’on utilisait pour envoyer des images de chat à son crush du collège, en 10 Ko maximum. Et un appareil photo de 2 mégapixels incapable de filmer quoi que ce soit, alors rivaliser avec Steven Spielberg… Sur le papier, plusieurs téléphones faisaient mieux. Mais l’iPhone avait autre chose : une idée et j’en rêve encore. Un grand écran tactile, une interface pensée pour les doigts et Internet dans la poche. En France, il faudra patienter jusqu’au 29 novembre 2007, en exclusivité chez Orange, pour 399 € avec un forfait qui ne doit plus faire vraiment rêver. Une petite fortune pour un téléphone à l’époque.
Image promotionnelle de l’iPhone 2G lors de sa commercialisation (2007)
(Crédit photo : Apple)
Et la concurrence dans tout ça ?
En 2007, le roi du téléphone portable est finlandais : Nokia vend près de 40 % des mobiles dans le monde. Les jeunes cadres dynamiques ne jurent que par leur BlackBerry canadien et son clavier, et Microsoft équipe des smartphones avec Windows Mobile (j’ai déjà dit qu’il fallait rire ?). Bref, du beau monde, persuadé que l’iPhone n’est qu’un gadget pour riches. Spoiler : ils se sont lourdement trompés. Steve Ballmer, alors patron de Microsoft, éclate même de rire en interview : un téléphone à 500 dollars, sans clavier, qui n’intéressera pas les professionnels ? Aucune chance. On connaît la suite : dans la décennie qui suit, Nokia revend sa branche mobile à Microsoft en 2014, Windows Phone est abandonné quelques années plus tard à cause de mauvais choix stratégiques et marketing, et BlackBerry arrête de concevoir ses propres téléphones en 2016. Ballmer doit encore rire, mais plus pour les mêmes raisons. D’ailleurs, il devient quoi ce petit chou à la vanille ?
Le seul à avoir vraiment compris le message, c’est Google, encore une grande entreprise américaine de la tech. Il rachète une petite start-up nommée Android en 2005, présente son système fin 2007 et sort le premier téléphone Android en 2008. Aujourd’hui, Android et iOS équipent la quasi-totalité des smartphones de la planète. Deux systèmes. Deux entreprises. Un seul pays. Finalement, Google a eu le bon goût de ne pas se reposer sur les lauriers de son célèbre moteur de recherche et a immédiatement cherché à s’emparer du gros morceau de viande que représentait le marché des téléphones portables modernes, comme l’avait fait Apple avec son iPhone.
Image de présentation d’un BlackBerry Bold 9650 (2011)
(Crédit photo : Evan-Amos)
Et nous dans tout ça ? Eh bien… nous n’étions déjà plus vraiment là, comble de l’ironie. Le français Alcatel avait cédé sa branche téléphones mobiles au chinois TCL dès 2004-2005, ne gardant que son nom sur la coque. Sagem, dont certains se souviennent peut-être des myS (quel nom étrange, soit dit en passant), se sépare de son activité mobile en 2008. Quant à Wiko, né à Marseille en 2011, il était conçu en France, mais détenu par un groupe chinois. Le pays qui avait inventé la carte à puce et mis le Minitel dans des millions de foyers n’a tout simplement pas pris le train du smartphone. La honte…
Et ce n’est pas qu’une question de fierté. Quand on ne maîtrise pas le système de ses téléphones, on dépend du bon vouloir de ceux qui le maîtrisent. Huawei en a fait les frais en 2019 : du jour au lendemain, à la suite des sanctions américaines unilatérales, ses nouveaux smartphones se sont retrouvés privés des services Google. Plus de Play Store, plus de Gmail, plus de Google Maps. Imaginez si demain la même chose arrivait à l’Europe entière… Ah, mais je m’avance, ça, on en parle juste après. 😉
Le cloud, c’est juste l’ordinateur de quelqu’un d’autre (et il est américain)
Avant d’imaginer le pire, il faut d’abord comprendre où vivent réellement vos données. Vous avez forcément déjà entendu parler du « cloud », ou « nuage » en bon français, merci le Canada. On vous le vend comme quelque chose de magique, de léger, qui flotte gentiment quelque part au-dessus de nos têtes. La réalité est beaucoup moins poétique : le cloud, c’est juste l’ordinateur de quelqu’un d’autre. Des hangars gigantesques remplis de serveurs qui ronronnent jour et nuit, climatisés comme un supermarché en plein mois d’août. Vos photos de vacances, vos courriels, vos documents, le fichier « Impôts 2025 (final) (vrai final) (VRAIMENT final).pdf »… tout ça dort sur des disques durs qui ne vous appartiennent pas.
Et ce fameux quelqu’un d’autre, c’est qui ? Spoiler : il parle anglais et il mange des pancakes au petit-déjeuner. Trois noms reviennent en boucle : Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud. À eux trois, ils pèsent environ 63 % du marché mondial. En Europe, c’est encore pire : ils en contrôlent approximativement 70 %, pendant que les fournisseurs européens se partagent péniblement 15 % depuis plusieurs années et on peut déjà dire merci à OVHcloud et à Scaleway, entre autres. Pour vous donner une idée, en 2017, les acteurs européens détenaient encore 29 % de leur propre marché. Autrement dit, on a réussi l’exploit de diviser notre part du gâteau par deux… à domicile. Champions. 👏
Photographie aérienne de centres de données d’Amazon Web Services dans l’Oregon (2023)
(Crédit photo : Tedder)
Alors, vous allez me dire : « Oui, mais mes photos de chat, je m’en fiche qu’elles soient chez Google ». Je vous comprends… enfin non. Et je ne vais pas vous juger, enfin, juste un peu. Ne soyez pas étonnés que vos photos intimes ou vos documents sensibles passent déjà à la moulinette de l’IA de Google, avec votre consentement en prime : qui lit vraiment les politiques de confidentialité quand il s’inscrit, hein ? Bref, le véritable problème, comme vous l’avez deviné, c’est que ça ne concerne pas que vos photos de chat. Ça touche aussi des données publiques ultra-sensibles qui nous concernent toutes et tous, et l’exemple le plus parlant, c’est le Health Data Hub.
Le Health Data Hub, rebaptisé depuis Plateforme des données de santé, c’est une plateforme créée fin 2019 pour rassembler les données de santé des Français : celles de l’Assurance maladie, des hôpitaux, etc. J’imagine qu’un nom anglais pour un projet français censé protéger nos données, ça faisait un peu tache du côté du gouvernement. L’objectif est noble : permettre à la recherche médicale de travailler sur des montagnes de données. Et pour héberger les données de santé de quasiment toute la population, l’État a choisi… Microsoft Azure. Sans véritable mise en concurrence, en plus. Oui, oui. Vos remboursements de médicaments et vos passages aux urgences ont passé plusieurs années sur les serveurs d’une entreprise américaine. Pourtant, ce ne sont pas les concurrents qui manquent dans le numérique européen. Peut-être l’influence d’ingénieurs habitués à utiliser du cloud américain par réflexe ?
Logo de la Plateforme des données de santé, anciennement Health Data Hub
(Crédit photo : Plateforme des données de santé)
La CNIL, pour une fois, a tiqué entre deux séances d’aquaponey, le Conseil d’État s’en est mêlé et, dès 2020, le gouvernement a promis de migrer vers une solution française ou européenne. Il a pourtant fallu attendre février 2026 pour que la rupture avec Microsoft soit officiellement annoncée, puis avril pour que le français Scaleway soit choisi. Et la migration complète devrait s’étaler jusqu’à fin 2027. Huit ans. Huit ans pour déménager des données. Même ma migration vers Proxmox, avec ses crises de panique et ses rm -rf / malencontreux, a été plus rapide. Le problème ne venait pas de la qualité des serveurs de Microsoft, qui sont sûrement très bien, mais d’une petite loi américaine qui s’appelle le Cloud Act. On y revient très vite, promis. 🫡
Il reste des irréductibles Gaulois
Nous sommes en 2026 après Jésus-Christ. Tout le cloud est occupé par les Américains… Tout ? Non ! Car des irréductibles Gaulois résistent encore et toujours à l’envahisseur.
Bon, trêve de plaisanteries, je vous ai fait un peu peur, alors on va se rassurer avant de replonger. Car oui, il existe des alternatives européennes, et pas qu’une ou deux. Le plus connu, c’est évidemment OVHcloud. Fondé en 1999 à Roubaix par Octave Klaba, c’est aujourd’hui l’un des plus gros hébergeurs d’Europe, avec des centres de données un peu partout dans le monde. Ceux qui ont lu mon article sur Proxmox savent que mon serveur y vit tranquillement là-bas, et que je leur pardonne volontiers leur petite tendance à faire des barbecues avec leurs centres de données et, plus récemment, leur manie de remplacer des disques durs HS déjà âgés par des disques durs encore plus âgés. Ah, ce n’est pas le bon moment ? Je m’égare.
Juste derrière, il y a Scaleway, filiale du groupe Iliad (oui, celui de Free et de Xavier Niel), qui vient justement de remporter le Health Data Hub. Comme quoi, quand on veut, on peut. Pour vos courriels, direction Genève. Infomaniak y est né en 1994, d’un petit club informatique devenu le plus gros fournisseur de cloud suisse. Proton, lui, y a été fondé en 2014 par des scientifiques qui se sont rencontrés au CERN : messagerie, stockage, VPN, gestionnaire de mots de passe, le tout chiffré. Alors oui, la Suisse n’est pas dans l’Union européenne, je sais, mais ils font du chocolat et du chiffrement de bout en bout, on ne va pas chipoter.
Image promotionnelle de kSuite, la suite collaborative d’Infomaniak (2026)
(Crédit photo : Infomaniak)
Pour vos recherches, il y a Qwant, le moteur de recherche français lancé en 2013. Soyons honnêtes deux minutes : il s’est longtemps appuyé sur les résultats de Bing (oui, Microsoft, encore lui), mais il construit désormais son propre index européen avec l’allemand Ecosia, le moteur de recherche qui plante des arbres et qui s’est récemment illustré en abandonnant l’IA française Mistral, jugée trop en retard et surtout trop nucléaire à son goût, au profit de modèles… chinois. Quel culot. Pour vos fichiers, il y a Nextcloud, un logiciel libre allemand qui permet d’avoir son propre Google Drive, chez soi ou chez un hébergeur. Retenez bien ce nom, vous allez le recroiser un peu plus loin.
Et même l’État s’y met, quand il ne se fait pas trouer par un gamin de 18 ans (coucou les impôts). La DINUM, en gros le service informatique de l’État, développe la Suite numérique : Tchap, une messagerie façon WhatsApp pour les agents publics, Visio pour les visioconférences, Docs pour écrire à plusieurs, conçu avec nos voisins allemands, etc. En janvier 2026, le gouvernement a annoncé que Visio remplacerait Teams et Zoom dans tous les services de l’État d’ici à 2027, le tout hébergé chez Outscale, une filiale de Dassault Systèmes. Petit bémol : ces outils sont réservés aux agents publics. Mais leur code est libre, donc n’importe qui peut les installer chez soi. À condition d’être malin et de ne pas les héberger sur du cloud américain, hein.
Image promotionnelle des applications de La Suite Numérique (2026)
(Crédit photo : Direction interministérielle du Numérique)
Bref, les alternatives existent. Elles sont parfois moins polies, moins intégrées, et il faut parfois accepter de perdre deux, trois fonctionnalités gadgets. Mais elles existent, elles fonctionnent et elles ne demandent qu’une seule chose : qu’on les utilise. Comme dirait Tibo InShape : rien à foutre de ta dépendance ! 💪 (je ne cautionne absolument pas cette personne)
L’Union européenne face au Cloud Act : vos données, leur loi
Bon, je vous l’avais promis, parlons de ce fameux Cloud Act. Derrière ce nom qui sonne comme un groupe de rock des années 80 se cache le Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (plus long, tu meurs), une loi américaine adoptée en mars 2018. Et l’histoire de sa naissance est assez savoureuse.
En 2013, la justice américaine demande à Microsoft de lui remettre les courriels d’un suspect dans une affaire de trafic de drogue. Problème : ces courriels sont stockés sur des serveurs en Irlande. Microsoft refuse, estimant que la justice américaine n’a rien à faire en Europe, et l’affaire remonte jusqu’à la Cour suprême. Pendant que les juges réfléchissent, le Congrès américain règle le problème à sa manière : il vote le Cloud Act, glissé au milieu d’une loi budgétaire de plus de 2 000 pages. Le procès n’a plus d’objet, fin de l’histoire. Oui, c’est un bras de fer lancé par Microsoft pour protéger les données de ses clients qui a accouché de la loi permettant aujourd’hui d’y accéder. Microsoft a d’ailleurs fini par soutenir le texte : à croire qu’ils ne s’étaient battus que pour se donner une image d’entreprise protectrice des données alors qu’en réalité, ils s’en moquent. Mais c’est un tout autre débat.
Image d’illustration du Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (2020)
(Crédit photo : SS8)
Concrètement, le Cloud Act permet aux autorités américaines d’exiger d’une entreprise américaine qu’elle leur transmette des données, peu importe où elles sont enregistrées. Ce qui compte, ce n’est pas l’adresse du serveur, c’est la nationalité de l’entreprise. C’est un peu comme si vous rangiez vos économies dans un coffre-fort à Paris, mais que le serrurier était américain et obligé de donner un double des clés au shérif d’un bled paumé au Texas dès qu’il le demande. Vos données sont « hébergées en France » ? Super. Le shérif avec son colt s’en moque. Et si vous pensez que j’exagère, posons directement la question à Microsoft. C’est ce qu’a fait le Sénat français en juin 2025 : un sénateur a demandé, sous serment, au directeur des affaires publiques et juridiques de Microsoft France s’il pouvait garantir que les données des Français ne seraient jamais transmises aux autorités américaines sans l’accord de la France. Sa réponse : « Non, je ne peux pas le garantir ». Au moins, c’est honnête. Il a tout de même précisé que ce n’était encore jamais arrivé. Ouf. Enfin… « encore », jusqu’à quand alors ?
Pendant ce temps-là, que fait l’Europe ? Deux mois après le Cloud Act, en mai 2018, entrait en application le fameux RGPD, le règlement général sur la protection des données, oui, celui à cause duquel vous cliquez sur des bandeaux de cookies toute la journée et dont les Américains au QI négatif ne cessent de se moquer sur Twitter entre deux fusillades dans leurs écoles. Il protège vos données personnelles et interdit, en gros, de les transmettre à une autorité étrangère sans un accord international en bonne et due forme. Résultat : les entreprises américaines installées en Europe se retrouvent coincées entre deux lois qui disent l’exact inverse. D’un côté, « donnez-nous ces données ». De l’autre, « interdiction de les donner ». Un peu comme un enfant de parents divorcés qui doit choisir chez qui passer Noël, alors qu’il veut juste retrouver son copain ou sa copine et passer un bon moment avec lui ou elle. 🫶
Photographie de Max Schrems dans les locaux de son organisation NOYB (2021)
(Crédit photo : Lisi Riesner)
Et ce n’est pas la première fois que l’Europe et les États-Unis se crêpent le chignon sur le sujet. En 2013, un étudiant en droit autrichien, Max Schrems ❤️, porte plainte contre Facebook après les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance de masse américaine. Résultat : en 2015, la justice européenne annule le premier accord de transfert de données entre l’Europe et les États-Unis : le Safe Harbor. Les deux camps en signent un nouveau, le Privacy Shield, lui aussi annulé en juillet 2020 : c’est le fameux arrêt Schrems II (merci à ce grand monsieur). Motif : les programmes de surveillance américains sont incompatibles avec les droits fondamentaux des Européens. Rebelote en 2023 avec un troisième accord, le Data Privacy Framework, attaqué à son tour par le député français Philippe Latombe. Il a perdu en première instance en septembre 2025, a fait appel, et l’affaire est désormais entre les mains de la Cour de justice de l’Union européenne, avec Microsoft venu défendre l’accord en juin dernier. Jamais deux sans trois ? On en reparle quand la Cour aura tranché.
Mais au fond, ces accords ne règlent rien au problème du Cloud Act : ils permettent seulement aux entreprises de transférer légalement des données vers les États-Unis. La question de fond reste entière : tant qu’une entreprise est américaine, elle obéit à la loi américaine. Point, c’est logique.
Le bouton rouge de l’agent orange
Vous vous souvenez de ma petite pique sur la carte bleue et les « coups de sang de Donald » ? Eh bien, ce n’était pas qu’une blague. Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, notre ami au teint si particulier (je parle bien évidemment de son bronzage artificiel, je ne me permettrais jamais de me moquer de lui 🤥) a démontré une chose : avec lui, tout peut changer du jour au lendemain, sur un simple message posté à 3 h du matin. Des guerres qui font grimper le diesel à 2,50 € le litre, des droits de douane annoncés, suspendus, puis réannoncés, des menaces contre le DSA et le DMA, ces lois européennes qui tentent de mettre un peu d’ordre chez les géants du Web… Même Thierry Breton, ancien commissaire européen et l’un des pères du DSA, s’est vu interdire l’entrée aux États-Unis fin 2025, accusé d’avoir voulu « censurer » les Américains. Il est loin, le temps de Charles de Gaulle, où la France avait encore assez de dignité pour remettre à leur place des Américains un peu trop irrespectueux envers nous et nos alliés.
Le vrai problème, c’est que les États-Unis disposent d’un pouvoir que personne d’autre n’a : celui de couper du jour au lendemain l’accès à des services dont nous dépendons tous. Et ce pouvoir a un nom : les sanctions américaines. Quand Washington sanctionne quelqu’un, les entreprises américaines ont l’interdiction de lui fournir le moindre service. Messageries, cloud, carte bancaire via les réseaux Visa et Mastercard, tout y passe. Finalement, il est peut-être là, notre gros souci de dépendance.
Photographie de Donald Trump assoupi en pleine réunion à la Maison Blanche (2025)
(Crédit photo : Chip Somodevilla)
En février 2025, Donald Trump signe un décret, toujours en vigueur au moment où j’écris ces lignes, qui sanctionne la Cour pénale internationale, la juridiction chargée de juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, coupable à ses yeux d’avoir émis un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahou. Premier visé : son procureur, Karim Khan. Quelques mois plus tard, plusieurs médias rapportent qu’il a perdu l’accès à sa messagerie Microsoft et qu’il a dû se rabattre sur… Proton Mail. Oui, nos amis suisses de tout à l’heure (sans mauvais jeu de mots avec l’horlogerie helvétique). Microsoft a ensuite assuré n’avoir jamais coupé les services de la Cour dans son ensemble, mais le mal était déjà fait.
En août 2025, c’est au tour de plusieurs juges de la Cour d’être sanctionnés, dont un Français : Nicolas Guillou. Et là, ça devient très concret. Sa carte Visa est résiliée par sa banque. Sa banque française. Ses comptes Amazon, Airbnb et PayPal sont fermés, et même une réservation d’hôtel en France est annulée quelques heures après avoir été faite. Un magistrat français, en France, privé de sa carte bancaire par une décision prise à Washington. Vous comprenez mieux pourquoi je vous parlais de notre réseau CB ? Le problème, c’est que la quasi-totalité de nos cartes sont co-badgées avec Visa ou Mastercard, et que sa banque a préféré résilier la carte entière plutôt que de prendre le moindre risque. Le plus fou ? Aucune loi française ne l’obligeait à faire ça. Elle a simplement préféré ne pas se fâcher avec les Américains.
Photographie de l’extérieur du siège de la Cour pénale internationale à La Haye (2025)
(Crédit photo : Omar Havana)
Une idée de la réaction de notre chef de l’État ? Une lettre à Donald, six mois plus tard, pour lui demander gentiment de lever les sanctions. Il ne fallait pas non plus se fouler. La réponse de la Cour ne s’est pas fait attendre : fin 2025, elle a annoncé vouloir abandonner la suite Office de Microsoft pour openDesk, une suite libre développée en Allemagne, qui s’appuie notamment sur… Nextcloud. Je vous avais dit que vous alliez le recroiser ! 😉 Maintenant, imaginez que ce ne soit plus un juge, mais un hôpital, une mairie, un ministère ou une entreprise entière. Ou un pays. Microsoft a bien promis en 2025 de se battre devant les tribunaux si on lui demandait un jour de couper l’Europe. Une promesse. Devant des tribunaux. Américains. Je vous laisse méditer là-dessus. 🤔
Top Gun : Dépendance
Je vous avais promis de rester dans l’informatique, mais faisons un petit détour par le domaine militaire. Et vous allez voir, ce n’est pas si hors sujet : le F-35, l’avion de combat star de l’Américain Lockheed Martin, c’est avant tout un ordinateur volant, bourré de millions de lignes de code (et de bugs). Une bonne douzaine de pays européens l’ont commandé, de la Belgique à la Pologne en passant par la grande Allemagne, et la facture pique. La Suisse en a fait l’amère expérience : 36 appareils commandés en 2022 pour environ 6 milliards de francs, à un prix présenté comme « fixe ». En 2025, Washington lui explique que ce prix fixe était un « malentendu » et réclame jusqu’à 1,3 milliard de plus. En mars dernier, Berne a fini par jeter l’éponge : ce sera une trentaine d’avions, pas 36. Et l’achat, ce n’est que le ticket d’entrée : selon la Cour des comptes américaine, le programme F-35 coûtera plus de 2 000 milliards de dollars sur toute sa durée de vie, dont près de 1 600 milliards rien que pour le faire voler et l’entretenir. Le modèle économique de l’imprimante à jet d’encre, mais avec des ailes.
Photographie d’un F-35C appontant sur le pont du porte-avions américain Nimitz (2014)
(Crédit photo : U.S. Navy)
Et une fois le chèque encaissé, encore faut-il être livré. Quand il y a la queue, devinez qui passe en dernier ? En juillet 2025, les États-Unis préviennent la Suisse (encore elle) que ses systèmes de défense antiaérienne Patriot, vous savez, ces missiles intercepteurs qui coûtent plusieurs millions d’euros à chaque lancement et qu’on se retrouve à gaspiller sur des drones bricolés par un barbu au fin fond de l’Iran, passeront après ceux destinés à l’Ukraine. Et quand le Moyen-Orient s’embrase à son tour, la Suisse se retrouve encore un peu plus loin dans la file. Résultat au printemps dernier : au moins quatre à cinq ans de retard et une facture qui pourrait grimper de moitié. Quant au fameux bouton rouge, le Pentagone jure, la main sur le cœur, qu’il n’existe aucun interrupteur caché dans le F-35. Mises à jour logicielles, pièces détachées, données de mission qui apprennent à l’avion à reconnaître une menace : tout passe par les États-Unis. La Turquie, exclue du programme en 2019 pour avoir acheté des missiles russes, n’a d’ailleurs jamais vu la couleur des siens. Au Danemark, le président de la commission de la défense a publiquement regretté son choix, imaginant déjà Donald réclamer le Groenland en menaçant de désactiver leurs avions. Aux Pays-Bas, le secrétaire d’État à la Défense a même évoqué en février dernier l’idée de « jailbreaker » le F-35 comme un iPhone si les Américains coupaient les mises à jour. Je n’invente rien. L’Espagne, elle, a préféré renoncer au F-35 dès 2025, bravo à eux.
Et chez nous, avec notre Rafale ? Pas si vite. En 2018, Washington bloque l’exportation de nos missiles de croisière SCALP vers l’Égypte, à cause d’un seul composant américain soumis à sa réglementation ITAR. La ministre des Armées de l’époque, Florence Parly, reconnaît alors devant les députés que nous sommes à la merci des Américains dès que nos équipements contiennent leurs composants. Les catapultes du porte-avions Charles-de-Gaulle sont américaines, et celles de son successeur, baptisé France Libre, le seront aussi. Quant à notre bon vieux FAMAS, il est remplacé depuis 2017 par le HK416F… de l’allemand Heckler & Koch. Pas américain, je vous l’accorde, mais directement dérivé du fusil M4 de l’armée américaine, et ses cartouches viennent en bonne partie de l’étranger, notamment… d’Israël, comme le soulignait un rapport parlementaire en avril dernier. Cerise sur le gâteau : en juin dernier, Paris et Berlin ont renoncé à l’avion de combat commun du SCAF, censé succéder au Rafale, faute d’accord entre Dassault et Airbus. Pendant ce temps-là, chez Lockheed Martin, on doit bien rigoler. 💸
Photographie d’un militaire français de l’Opération Sentinelle portant un HK416F (2024)
(Crédit photo : Ximena Borrazas)
Windows, Android, iOS : choisis ton maître
Bon, le cloud, c’est loin, c’est abstrait. Alors parlons de ce que vous avez sous les doigts en ce moment même. Vous lisez probablement cet article sur un ordinateur sous Windows ou macOS, ou sur un smartphone Android ou iOS, avec Chrome ou l’un de ses dérivés, Safari ou Edge comme navigateur. Microsoft, Apple, Google : vous voyez le problème ? Toutes les portes d’entrée du numérique sont américaines. Environ sept ordinateurs sur dix tournent sous Windows, Android et iOS équipent la quasi-totalité des smartphones de la planète, et Chrome représente à lui seul environ deux tiers des navigations sur le Web. Et pour ceux qui pensaient s’en sortir avec Firefox, j’ai une mauvaise nouvelle : Mozilla est aussi une organisation américaine, et l’essentiel de ses revenus vient… d’un accord avec Google pour que ce dernier soit le moteur de recherche par défaut de Firefox. On ne s’en sort pas. 😅
Et il n’y a pas que les systèmes d’exploitation, il y a aussi les magasins d’applications. Sur un iPhone, vous ne pouvez installer une application que si Apple l’autorise. Enfin presque : l’Europe a forcé Apple à ouvrir la porte à d’autres magasins en 2024, mais vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui les utilisent ? Apple et Google décident de ce que vous pouvez installer, de la façon dont vous payez et prélèvent au passage jusqu’à 30 % sur les achats. Choisis ton maître, qu’on disait. Quand le maître décide que votre ordinateur est obsolète, il est obsolète. Le 14 octobre 2025, Microsoft a officiellement abandonné Windows 10. Des millions d’ordinateurs parfaitement fonctionnels se sont retrouvés incompatibles avec Windows 11, faute d’une puce de sécurité TPM 2.0 ou d’un processeur assez récent. Oui, si vous êtes l’un de mes fidèles lecteurs, vous savez que mon ancien ordinateur, qui entre dans sa neuvième année, ne pouvait pas faire tourner Windows 11. Mais loué soit Rufus !
Graphique de la part de marché des systèmes d’exploitation mobiles (2020)
(Crédit photo : Statista)
Les Européens ont bien obtenu un sursis gratuit pour continuer à recevoir les mises à jour de sécurité, à condition… d’utiliser un compte Microsoft. Évidemment. 🤡 Et l’État français dans tout ça ? Dès 2021, il reconnaissait lui-même que Microsoft 365 n’était pas conforme à sa propre doctrine en matière de cloud. Le ministère de l’Éducation nationale a même demandé à ses rectorats, début 2025, d’arrêter d’utiliser Microsoft 365. Et quelques semaines plus tard ? Il renouvelait son accord-cadre avec Microsoft, pour un montant pouvant atteindre 152 millions d’euros, reconductible pendant plusieurs années. C’est un peu comme arrêter de fumer en achetant une cartouche de cigarettes pour fêter ça. On arrête les bêtises ?
Heureusement, certains montrent l’exemple : la Gendarmerie nationale (vous savez, ceux qui ne peuvent pas obtenir leur poste avec 7/20 à leur examen théorique d’entrée), qui a migré des dizaines de milliers de postes sous GNU/Linux depuis la fin des années 2000, ou la ville de Lyon, qui a annoncé en 2025 abandonner progressivement les logiciels Microsoft au profit de solutions libres. Comme quoi, c’est possible, même à grande échelle. Pour l’ensemble de ces efforts, je tiens à les féliciter chaleureusement, et je suis sûr que leurs systèmes sont bien plus fiables et stables qu’à l’époque.
Capture d’écran du bureau de GendBuntu 22.04, la distribution Linux de la Gendarmerie nationale (2024)
(Crédit photo : Damien.roisin)
Pendant ce temps-là, derrière la Grande Muraille
Vous vous souvenez de Huawei, privé des services Google du jour au lendemain en 2019 ? Plutôt que de pleurer, la Chine a fait ce que l’Europe n’a jamais vraiment osé : se passer des Américains. Il faut dire qu’elle avait une bonne longueur d’avance. Depuis le début des années 2000, le pays s’est entouré d’un « Grand Pare-feu » qui bloque Google, Facebook, YouTube, WhatsApp et même Wikipédia. Et derrière ce mur, il y a du monde : plus de 1,1 milliard d’internautes, soit davantage que les populations des États-Unis et de l’Union européenne réunies, et environ la moitié du commerce en ligne mondial, plus du double des Américains. À l’abri de la concurrence occidentale, des géants locaux ont poussé comme des champignons : Baidu pour les recherches, WeChat de Tencent, à la fois messagerie, réseau social et porte-monnaie, avec plus de 1,4 milliard de comptes, Alipay pour payer, Douyin, le grand frère chinois de TikTok, pour faire défiler des vidéos, et Alibaba Cloud ou Huawei Cloud pour héberger tout ça. Côté carte bancaire, ils ont UnionPay, leur propre réseau national, à côté duquel Visa et Mastercard font figure de touristes. Ça ne vous rappelle pas notre CB, en version XXL ? 🐉
Image promotionnelle de l’application WeChat sur le Google Play Store (2026)
(Crédit photo : Tencent)
Côté systèmes d’exploitation, Huawei a riposté dès août 2019 avec HarmonyOS. Soyons honnêtes deux minutes : au début, c’était surtout un Android maquillé. Mais depuis fin 2024 et HarmonyOS NEXT, il n’y a plus (selon eux) une seule ligne de code Android dedans. Et ça marche : en Chine, HarmonyOS passe régulièrement devant iOS dans les ventes de smartphones depuis 2024, et sa dernière version tournait déjà sur plus de 80 millions d’appareils en août dernier. En mai 2025, après l’expiration de sa licence Windows, Huawei a même sorti ses premiers ordinateurs portables sous HarmonyOS. Sans Microsoft. Sans Intel. Et l’État chinois montre l’exemple : selon le Wall Street Journal, une directive de 2022, le fameux « Document 79 », que certains résument par « Delete America » (rien que ça), impose aux entreprises publiques de remplacer leurs logiciels étrangers d’ici à 2027. Pendant ce temps-là, notre Éducation nationale renouvelait son accord avec Microsoft pour 152 millions d’euros. Vous la sentez, la différence de mentalité ? Bon, on ne va pas se mentir : derrière tout ça, il y a aussi une bonne dose de rancœur et un certain sentiment de supériorité envers l’Occident, que le discours officiel chinois aime dépeindre comme décadent, dépassé et accroché au souvenir confortable de sa gloire passée.
Image promotionnelle du système d’exploitation HarmonyOS (2025)
(Crédit photo : Huawei)
Même sur le matériel, la Chine joue des coudes. Fin août 2023, en pleine visite à Pékin de la secrétaire américaine au Commerce, Huawei dévoile le Mate 60 Pro, propulsé par une puce gravée en 7 nanomètres par le chinois SMIC, malgré toutes les sanctions. Joli pied de nez. Et ne parlons même pas des voitures électriques, ces ordinateurs sur roues : la Chine en fabrique près des trois quarts dans le monde, et BYD a détrôné Tesla en 2025 comme premier vendeur de voitures 100 % électriques de la planète (ma Clio essence fait profil bas). Ils n’ont certes pas encore rattrapé TSMC et n’ont toujours pas accès aux machines EUV d’ASML (on en reparle un peu plus loin), mais brique par brique, ils ont bâti un écosystème complet, du processeur à l’application, largement devant l’Europe et au coude à coude avec les Américains. Attention, je ne vous vends pas le modèle chinois pour autant : ce Grand Pare-feu sert surtout à censurer et à surveiller 1,4 milliard de personnes, et entre le shérif texan et le Parti communiste, je ne suis pas certain de vouloir choisir. Mais la leçon est là : l’indépendance numérique, ça se décide. Il nous manque juste la volonté… sans la muraille.
L’IA, le nouveau Minitel ?
Il est impossible d’écrire un article sur la technologie en 2026 sans parler d’intelligence artificielle. C’est la loi, et pour une fois, elle n’est pas américaine. Depuis l’arrivée de ChatGPT fin 2022, c’est la course à l’armement : ChatGPT d’OpenAI, Gemini de Google, Claude d’Anthropic, Llama de Meta, Grok de xAI… Les Chinois s’y sont mis aussi, avec DeepSeek qui a fait trembler la Bourse américaine en janvier 2025. Et derrière tout ce beau monde, il y a Nvidia, américain lui aussi, qui fournit l’essentiel des puces sur lesquelles tournent toutes ces intelligences artificielles. Et oui, je suis le premier à l’avouer : dans mon article sur Proxmox, j’appelais ChatGPT « mon I.A. personnelle ». Faites ce que je dis, pas ce que je fais. 🙃
Mais au milieu de tout ça, il y a un petit Français qui ne se laisse pas faire : Mistral AI. Fondée en avril 2023 par trois Français passés par Google DeepMind et Meta, Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, elle propose ses propres modèles, dont certains en open source, et un assistant, Le Chat, qui n’a pas à rougir face à la concurrence et dont le nom est quand même beaucoup plus mignon. En septembre 2025, elle lève 1,7 milliard d’euros dans un tour de table mené par… ASML (retenez bien ce nom, on en reparle juste après). Et le mois dernier, elle a remis ça avec environ 3 milliards d’euros, pour une valorisation d’environ 21 milliards : la plus grosse levée de fonds jamais réalisée par une entreprise technologique européenne non cotée. Elle construit même ses propres centres de données, notamment en Essonne, à Bruyères-le-Châtel, pas très loin d’une petite gare du RER C. Chez Mistral, on s’en amuse même : « We’re building AGI from this train station ». Tous les rails mènent à l’innovation. Cocorico ! 🐓
Photographie de la gare SNCF de Breuillet - Bruyères-le-Châtel (2009)
(Crédit photo : Véronique PAGNIER)
Mais soyons lucides : face aux centaines de milliards investis de l’autre côté de l’Atlantique, ça reste David contre Goliath. Et même Mistral fait tourner ses modèles sur des puces Nvidia et a accepté un petit chèque de Microsoft en 2024. On ne se refait pas. Alors, l’IA, le nouveau Minitel ? Le Minitel, c’était une technologie française en avance sur son temps, un vrai succès chez nous, mais restée enfermée dans nos frontières pendant que le reste du monde passait à Internet. Il a fini débranché le 30 juin 2012, dans l’indifférence générale. Mistral a un avantage que le Minitel n’a jamais eu : elle joue dès le départ sur le terrain mondial, avec des clients un peu partout sur la planète. Reste à savoir si l’Europe saura lui donner les moyens de rester dans la course… ou si, dans vingt ans, on racontera à nos enfants qu’on avait un champion et qu’on l’a laissé filer.
Les puces, ce n’est pas que dans les vaccins
Rassurez-vous, je ne vais pas vous reparler des nano-puces 5G de Bill Gates (je vous ai déjà dit qu’elles ne comptaient pas). Je vais vous parler des vraies puces : les semi-conducteurs. Elles sont partout : dans votre smartphone, votre ordinateur, votre voiture, votre machine à laver, votre box Internet et même dans votre carte bancaire, notre fierté nationale. Sans elles, plus rien ne fonctionne. Si vous avez essayé d’acheter une voiture neuve en 2021 ou en 2022, vous vous souvenez sûrement des délais de livraison interminables : la faute à une pénurie mondiale de puces, avec parfois des composants à quelques euros qui bloquaient des voitures à plusieurs dizaines de milliers. Certains constructeurs sont même revenus à des équipements analogiques pour essayer de livrer des commandes en retard de plusieurs mois.
Le roi des puces s’appelle TSMC. Cette entreprise taïwanaise, fondée en 1987, fabrique les puces que d’autres dessinent : Apple, Nvidia, AMD, Qualcomm, tout le monde passe par chez elle. Elle produit à elle seule l’immense majorité des puces les plus avancées de la planète. Petit détail : Taïwan se trouve à moins de 200 kilomètres des côtes chinoises, et Pékin considère l’île comme une partie de son territoire. Je vous laisse imaginer le scénario catastrophe. Vous comprenez mieux pourquoi les États-Unis tiennent tant à placer leurs pions autour de l’île pour dissuader la Chine de toute intervention militaire, malgré moult accords qui ne reconnaissent pas l’indépendance de l’île ?
Photographie de l’usine Fab 5 de TSMC dans le parc scientifique de Hsinchu (2010)
(Crédit photo : Peellden)
Bonne nouvelle : l’Europe a une carte maîtresse dans sa manche. Elle s’appelle ASML, oui, celle qui a investi dans Mistral. Cette entreprise néerlandaise est la seule au monde à savoir fabriquer les machines de lithographie EUV, indispensables pour graver les puces les plus avancées. Des machines grandes comme un bus scolaire et vendues à plus de 150 millions d’euros pièce (pas grand-chose, quoi…). Sans ASML, pas de TSMC, pas d’iPhone, pas d’intelligence artificielle. La mauvaise nouvelle ? Sous la pression américaine, les Pays-Bas ont restreint les exportations de ces machines vers la Chine. Même notre champion européen obéit, en partie, à Washington. Et la France dans tout ça ? On a STMicroelectronics, née en 1987 de la fusion de l’italien SGS et du français Thomson Semiconducteurs. Le groupe franco-italien possède des usines à Crolles en Isère, à Rousset dans les Bouches-du-Rhône ou encore à Tours, et ses puces se retrouvent surtout dans les voitures, l’industrie et les objets connectés. En 2022, Emmanuel Macron annonce à Crolles la construction d’une méga-usine (notez bien le préfixe méga) avec l’américain GlobalFoundries, pour 7,5 milliards d’euros, dont 2,9 milliards d’argent public. Début 2025, le projet est mis en pause. Super.
Photographie aérienne du siège de STMicroelectronics à Genève (2015)
(Crédit photo : Alexey M.)
Au niveau européen, ce n’est pas plus glorieux. L’Union européenne a adopté son Chips Act en 2023, avec un objectif ambitieux : produire 20 % des puces mondiales d’ici à 2030, contre environ 10 % aujourd’hui. En avril 2025, la Cour des comptes européenne a jugé cet objectif « très improbable » : au rythme actuel, l’Europe plafonnerait plutôt autour de 11,7 %. Et quelques mois plus tard, Intel abandonnait son projet de méga-usine en Allemagne. Pour l’instant, la production européenne de puces avance moins vite que les théories du complot sur les vaccins. On peut leur concéder ce point.
Mon petit coin de souveraineté
Après tout ce pessimisme, je vous dois bien un peu de concret. Et comme je ne suis pas du genre à donner des leçons sans les appliquer (enfin, pas toujours), voici mon petit coin de souveraineté à moi. Comme je vous l’ai raconté dans mon article sur Proxmox, toute mon infrastructure personnelle tourne sur un serveur dédié chez OVH, en France, à Gravelines. Dessus, Proxmox, un logiciel libre développé par une entreprise autrichienne, fait tourner mes machines virtuelles. Devant, OPNsense, développé aux Pays-Bas, joue le rôle de pare-feu. Et pour exposer mes sites sur Internet, j’utilise Traefik, un logiciel libre né à Lyon en 2016. Vive la France !
Pour mon code, j’utilise GitLab, installé sur mon propre serveur. Alors oui, je vous vois venir : GitLab est une entreprise américaine. Mais nuance : c’est un logiciel libre, installé chez moi, et mes données ne passent jamais par chez eux. Si GitLab disparaissait demain, mon instance continuerait de tourner comme si de rien n’était et puis, ce n’est pas comme si Gitea ou Forgejo n’existaient pas. C’est toute la différence entre utiliser un logiciel américain et dépendre d’un service américain. D’ailleurs, l’article que vous êtes en train de lire est hébergé grâce à GitLab Pages, sur ce même serveur. 😎
Mème du réalisateur Michel Hazanavicius repris pour montrer une réussite française (1993)
(Crédit photo : Michel Hazanavicius)
Pour accéder à mon réseau depuis n’importe où, j’utilise désormais NetBird, une solution libre développée à Berlin et basée sur WireGuard. Exit Tailscale, dont je vous parlais encore dans mon article sur Proxmox : c’est une entreprise canadienne, et toute la gestion de mon réseau passait par ses serveurs, de la liste de mes appareils à qui a le droit de parler à qui. Avec NetBird, je peux tout héberger moi-même, et les informations sur mon réseau restent chez moi. Mes photos sont chez moi avec Immich, mes films et ma musique avec Jellyfin, et pour ce blog, j’ai récemment remplacé Google Analytics par Umami, un outil de statistiques libre que j’héberge moi-même. Vos visites restent sur mon serveur et ne partent plus nourrir les fermes de données de Google. Euh, vous voulez que je vous rende des comptes ? Bon, j’avoue : en plus des statistiques de base, j’enregistre aussi vos sessions de navigation, clics et défilement compris. Eh oh, c’est juste pour savoir combien d’idiots lisent ces inepties et à quel moment ils décrochent. Et tout ça reste chez moi.
Alors la question à un million. Est-ce que je suis devenu 100 % souverain pour autant ? Absolument pas. J’écris ces lignes depuis un ordinateur personnel sous Windows. Malheureusement, mon ordinateur est taillé pour le jeu vidéo, et certains constructeurs comme Nvidia ne font pas vraiment d’effort pour assurer un support correct de leurs pilotes graphiques sous GNU/Linux, même sur des distributions comme Arch Linux et ses dérivées. J’ai aussi encore des projets sur GitHub, propriété de Microsoft, même s’il ne s’agit que de miroirs de mon GitLab. Et soyons honnêtes : tout ça m’a demandé des mois de travail, de stress et de galères, sans compter un peu d’argent tous les mois. Ce n’est pas à la portée de tout le monde, et je ne vous demande pas de monter un serveur dans votre salon. Mais ça prouve une chose : se passer en partie des géants américains, c’est possible. 🫵
Et maintenant, on fait quoi ?
Je ne vais pas vous demander de jeter votre smartphone par la fenêtre, de résilier tous vos abonnements et de partir vivre dans une grotte avec un Minitel. Mais il existe des petits gestes simples, à la portée de tout le monde, qui ne prennent que quelques minutes :
- Changez de moteur de recherche : Qwant ou Ecosia font très bien le travail au quotidien, et ça prend deux minutes dans les paramètres de votre navigateur ;
- Essayez une messagerie européenne : Proton Mail ou Infomaniak (suisses tous les deux, décidément) pour vos courriels ;
- Stockez vos fichiers ailleurs : Proton Drive, kDrive d’Infomaniak ou un hébergeur qui propose Nextcloud ;
- Discutez autrement : Olvid, une messagerie française recommandée par l’État à ses ministres, ou à défaut Signal (américain, mais chiffré de bout en bout et à but non lucratif) ;
- Payez européen : quand vous payez en ligne avec une carte co-badgée, choisissez le logo CB quand on vous le propose, et jetez un œil à Wero, la solution de paiement européenne qui a remplacé Paylib ;
- Parlez-en autour de vous : c’est gratuit, ce n’est pas américain et ça marche à tous les coups.
Image promotionnelle pour basculer sur des services numériques européens (2026)
(Crédit photo : Bon Pote)
Ne cherchez pas la perfection : chaque petit pas compte. Chaque fois que vous choisissez une alternative européenne, vous envoyez un signal, vous faites vivre une entreprise de chez nous et vous rendez le bouton rouge de Donald un tout petit peu moins puissant. On a inventé la carte à puce, le micro-ordinateur et un petit bout d’Internet. On peut bien réapprendre à se servir de nos propres outils.
Sur ce, nous nous retrouverons comme promis dans le courant du mois de décembre, entre le temps hivernal, les téléfilms de Noël et les sapins installés un peu partout. Je pense que ce sera top, j’ai hâte ! @+ 🎄
Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté.