Quoi de neuf cet été ?

Quoi de neuf cet été ?

Florian Trayon

Le soleil de Provence tapait dur, et les cigales chantaient à se fendre.

Marcel Pagnol

Vous avez un peu de temps pour lire cet article ?

Bonjour ! Je vous ai manqué ? Non ? Bon, il s’agit probablement d’une question rhétorique, et puis ce n’est pas le bon moment pour se poser ce genre de question, ni pour lire un article encore long : je vous promets que cet article sera court. Oui, parce que vous avez remarqué que le dernier article était long, très long, c’était même le plus long article que j’ai écrit sur ce blog, et je vous avoue que j’ai eu un peu de mal à le terminer, il y avait tant à dire, beaucoup de choses à raconter, à synthétiser et puis on peut se perdre très vite dans ses idées (débordantes…). Mais en fin de compte, cela m’a fait du bien. De parler d’une partie de ma vie passée, avec de belles expériences, parfois moins bonnes, mais c’était avant tout ça le but de ce blog hein ? Juste écrire, parler, exprimer ce que j’ai dans la tête pour vous partager mes idées, mes expériences, mes joies et occasionnellement… mes traumatismes. On dirait presque un début de thérapie.

Cependant, je conçois que la lecture n’était peut-être pas si agréable que ça, donc comme je vous l’ai dit, cet article, j’espère, sera plutôt court ou dans la moyenne des autres. Déjà parce que l’été rime souvent avec vacances et cette fois-ci, je ne vais pas partir encore dans un article qui va prendre trois hivers à lire, surtout au vu de cette chaleur caniculaire qui nous tombe dessus.

Bon, d’abord, pour bien commencer cet article, je vais vous rafraîchir.

Cour dans la calotte glaciaire en Antarctique (2005) Cour dans la calotte glaciaire en Antarctique (2005) (Crédit photo : Apcbg)

Ça vous fait du bien ? Je m’en doutais. Allez, un peu de sérieux.

À la fin du dernier article, je vous avais dit que le prochain serait écrit par une autre personne que moi. Vous l’avez deviné rapidement : la malchance s’est encore abattue sur moi, peut-être pour avoir annoncé la chose à l’avance, le karma m’a bien remis en place. Enfin bref, non, je ne vais pas, pour le moment, inviter quelqu’un d’autre à écrire un article sur mon blog en son nom, pour des raisons malheureusement personnelles. Même si je suis sûr que cette personne aurait fait un très bel article, parfois le destin nous guide vers un tout autre chemin, que nous ne souhaitons pas. Mais hey, la vie est belle malgré tout ! Si un jour un article est écrit par quelqu’un d’autre que moi, je ne vous le dirai pas, et vous saurez que cette personne est très proche de moi, ce qui sera une grande chance pour un blogueur amateur comme moi. 😊

En attendant ce jour heureux, cet article sera un petit tour de mes activités réalisées durant cet été, pas un sujet particulier, mais une suite de sujets que je vais aborder succinctement, parfois en rentrant dans le détail, parfois juste en survolant pour ne pas la faire trop longue.

Le code, l’intelligence artificielle et l’homme

Là, en voyant le titre, vous allez probablement fermer l’onglet, partir au bord de la mer et vous dire « Je ne suis pas là pour lire un article sur l’intelligence artificielle !!! » 🤢. Je vous rassure, c’est même un avant-propos sur la plupart des autres sujets abordés dans cet article. Si vous travaillez dans le secteur tertiaire, dans l’informatique et plus précisément dans le développement logiciel, vous avez sûrement assisté depuis ces derniers mois, voire ces dernières années, à un boom, une révolution de l’intelligence artificielle. Cette technologie s’est développée à une vitesse folle et s’est démocratisée comme presque personne ne l’aurait attendu.

Aujourd’hui, on utilise l’intelligence artificielle pour tout et n’importe quoi. L’IA devient presque notre assistant personnel : il corrige nos courriels, parfois automatise nos routines sur nos ordinateurs personnels et professionnels, jusqu’à un point où il vous remplace au travail. On est arrivés à un point où même pour chercher de bonnes adresses de restaurants, voir si un médicament est bon ou non, ou encore pour faire des recherches sur un sujet, nous n’utilisons plus le célèbre moteur de recherche démocratisé au début des années 2000, Google, mais ChatGPT, Claude, Gemini, Grok et j’en passe. L’IA est littéralement partout : tous les produits des nouvelles technologies embarquent de l’IA d’une manière ou d’une autre, les sites Internet utilisent de l’IA, la presse ne fait que parler de ça (sans parler de l’utilisation massive par les journalistes), même les retraités adorent regarder des vidéos générées par l’IA sur Facebook (pour le meilleur et pour le pire), c’est pour vous dire que tout le monde est impressionné.

Exemples d'images fictives générées par Midjourney Exemples d’images fictives générées par Midjourney (Crédit photo : Midjourney)

Vous l’avez bien compris, l’intelligence artificielle est partout. Vous savez quoi ? Même les affiches publicitaires réalisées par des centres commerciaux comme Leclerc et compagnie étaient certes moches, mais lisibles. Désormais, elles sont réalisées par des intelligences artificielles, et c’est bien dommage, car elles sont souvent illisibles. Même de simples graphiques ou tracts ne sont plus réalisés par des gens experts dans ce domaine, mais par un vulgaire programme informatique qui sort la version la plus illisible possible de votre idée. Et c’est bien dommage, parce que même si l’intelligence artificielle a fait énormément de progrès en termes de génération d’images, de vidéos ou de contenus multimédias, elle n’est pas encore capable de faire des choses qui sont à la portée d’un humain, comme faire un simple flyer pour un événement local. Cela me fait penser que l’intelligence artificielle semble tout doucement marcher dans les plates-bandes de certains métiers, et en parlant de remplacement, on va en parler.

La claque de l’évolution

En toute honnêteté, je suis un développeur moyen. Avant l’avènement de l’intelligence artificielle, j’étais un développeur moyen ou correct, je ne me débrouillais pas trop mal, mais je restais humble face à mes pairs, qui parfois étaient bien meilleurs que moi. La compétence d’une personne dans le développement logiciel est souvent mesurée par sa capacité à résoudre des problèmes, à coder rapidement et efficacement, à comprendre les besoins d’un client et à proposer des solutions adaptées. Avec ma faible expérience professionnelle, mes seules réalisations étaient loin des cadres standardisés de l’industrie ; néanmoins, j’avais acquis une certaine compétence dans le développement logiciel, et je pouvais me vanter d’être un développeur correct, capable de résoudre des problèmes et de créer des applications fonctionnelles. Mais avec l’arrivée de l’IA, cette compétence est remise en question. L’IA peut désormais générer du code, résoudre des problèmes complexes et même proposer des solutions innovantes. Finalement, un développeur n’est plus vraiment là pour « bouffer du code » 😋, mais plutôt pour se concentrer sur de l’architecture logicielle, de la conception et de la réflexion sur les besoins des utilisateurs.

Alors attention, l’intelligence artificielle est peut-être capable de produire des applications géniales, mais elle ne devrait jamais réaliser d’applications sans vérification par un ou plusieurs humains. Déjà parce qu’il est de notoriété publique que les applications générées par l’IA sont souvent truffées de bugs, de problèmes de performance ou de sécurité. Cela arrive bien moins fréquemment quand l’IA est cadrée et que le travail produit est supervisé, audité et validé par un humain pour éviter d’ajouter des problèmes dans le code. Certains d’entre vous vont me dire que l’IA agentique est la solution à ce sujet ? Que l’orchestration d’agents IA pour valider le code généré par une autre IA est la solution ? Oui, peut-être, mais au vu des cas d’hallucinations, de la complexité métier de certaines applications et du fonctionnement même de l’intelligence artificielle, je ne pourrais jamais faire confiance (à l’heure actuelle) à une intelligence artificielle.

Exemple d'une automatisation de routine via IA avec n8n Exemple d’une automatisation de routine via IA avec n8n (Crédit photo : Mihai Farcas)

Au-delà de tout ça, l’intelligence artificielle, qui nous a libéré un temps non négligeable dans le développement logiciel, ne nous a pas permis de souffler un peu plus ; bien au contraire, elle nous a mis une pression supplémentaire, merci le capitalisme. Aujourd’hui, un développeur qui ne sait pas utiliser l’IA pour générer du code est considéré comme un développeur dépassé, qui ne sait pas s’adapter aux nouvelles technologies. Et c’est bien dommage, parce que l’intelligence artificielle est un outil, et non une fin en soi. À titre personnel, je ne pense pas que l’intelligence artificielle devrait être une condition sine qua non pour être un bon développeur, mais plutôt un outil supplémentaire pour améliorer la productivité et la qualité du code, afin de nous permettre d’avoir plus de temps pour réfléchir à des solutions innovantes, à l’architecture logicielle et à la conception d’applications. C’est du bon sens.

Récemment, j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence avec une recruteuse travaillant chez OVHcloud. Elle indiquait que les questions posées par l’équipe RH et technique tournaient principalement autour de l’intelligence artificielle, sur la manière dont cette technologie fonctionnait et comment un candidat avait pu l’utiliser dans ses projets personnels et dans le cadre professionnel. J’étais presque sous le choc : trois ans en arrière, à la recherche de mon premier emploi, je n’avais jamais entendu parler de l’intelligence artificielle dans le cadre d’un entretien d’embauche. Aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est un sujet incontournable et que si vous ne savez pas comment utiliser l’intelligence artificielle, vous êtes probablement un candidat qui ne sera pas retenu pour un poste dans le développement. Cela me fait peur. 🫤

Image de l'installation de Claude Code en ligne de commande Image de l’installation de Claude Code en ligne de commande (Crédit photo : Mike Levy)

Je fais partie des gens qui pensent que mon métier sera à terme remplacé par l’intelligence artificielle, et je ne suis pas le seul à le penser. Même si mes pairs plus expérimentés et plus âgés que moi pensent le contraire, je vois surtout la déflagration de cette technologie, son avancement en à peine quelques années, qui rendent cette technologie instable et immature, et donc sujette à devenir de plus en plus performante. Rares sont les fois où l’on assiste à un renversement des méthodes de travail, et pour y avoir assisté dans mon entreprise, où ChatGPT était utilisé au tout début pour générer des parties de code, jusqu’à l’introduction de Claude pour générer, avec une facilité déconcertante, des pans entiers de programmes, j’ai très rapidement compris que mon métier était en danger : évoluer ou s’éteindre.

Alors peut-être que mon paragraphe précédent était alarmiste et qu’on va me traiter de fou, mais je pense à mon avenir, à ma carrière, à mes quarante-deux prochaines années (si ce n’est plus) où je dois travailler pour espérer partir pour une retraite bien méritée. Or, je vois un outil, qui est un outil formidable, me remplacer. Évidemment, « bouffer du code » était une partie de ma passion : résoudre des problèmes, concevoir des applications qui fonctionnent en production, avoir cette dose d’adrénaline quand tu résous un problème complexe tard dans la nuit, c’était ce qui me faisait vibrer, cette sensation était probablement l’une des meilleures choses que je pouvais ressentir dans ces moments-là. Néanmoins, l’IA apporte énormément de choses positives : des projets ou des logiciels que je voulais prendre en main depuis longtemps, bloqué avant par manque de temps pour expérimenter, se débloquent presque magiquement. La connaissance nécessaire pour installer des architectures complexes est révélée en quelques secondes, voire minutes, expliquée par des schémas techniques, à votre niveau, sans jugement, de manière neutre (parfois un peu comme si vous aviez cinq ans et une tétine dans la bouche), c’est formidable.

Nous allons vers un monde où l’intelligence artificielle deviendra omniprésente.

Laurent Alexandre

Proxmox et Terminal Stories

Pour illustrer à quel point cela a changé la donne, je vais prendre des exemples (tout le monde adore ça). Je vais vous parler de Proxmox et de Terminal Stories.

Windows XP en 2026

D’abord, Proxmox, qu’est-ce que c’est ? Haha, je rigole, on ne va pas recommencer, il y a même un article de blog qui porte littéralement sur ça. En résumé, c’est un hyperviseur capable de créer des machines virtuelles. Pour les moins au fait : imaginez un ordinateur capable de faire fonctionner plusieurs ordinateurs totalement différents. Vous l’avez ? Bien. Récemment, j’ai fait un tri dans les équipements informatiques de mes parents. Le temps passe, mais les choses ne bougent pas vraiment. Vous voulez une mise à jour de l’ordinateur HP Compaq dx7500 ? Bingo, je parle bien de lui comme exemple. Bon, j’ai bataillé plusieurs semaines à changer son alimentation, mais ce salaud refuse toujours une fois sur deux de s’allumer correctement, j’ai laissé tomber. Je suis parti sur un plan de sauvegarde pour ne rien perdre.

Initialement, j’ai cloné le disque dur d’origine, qui était en fin de vie, par un nouveau dans mes cartons à disques durs, et je me suis dit « c’est parti mon kiki, on repart pour 20 ans ». Grave erreur, Florian. Avec le souci de l’alimentation et l’aggravation de la vétusté des composants internes (l’ordinateur a 19 ans 🙃), je pense qu’il était plutôt préférable de garder l’ordinateur tel quel mais en exportant ses données ailleurs, j’ai donc nommé Proxmox. Proxmox, c’est génial : on peut installer presque n’importe quel système d’exploitation moderne, émuler (récemment via Proxmox 9.2) d’anciens processeurs et s’adapter avec facilité aux us et coutumes de certains systèmes et matériels anciens, c’est une boîte de Pandore. Grâce aux nombreux outils d’émulation et aux conseils bien avisés de Claude, je me suis dit « Hey, pourquoi pas utiliser Proxmox pour accueillir l’ordinateur de mes parents dans une VM ? », euréka. La première tentative fut infructeuse : la dernière version de disk2vhd était incompatible avec Windows XP, Claude m’en a conseillé une autre, ça fonctionne !

Capture d'écran du tableau de bord de mon instance Proxmox Capture d’écran du tableau de bord de mon instance Proxmox (Crédit photo : Moi-même)

Littéralement quatre bonnes heures pour convertir ce bon vieux disque de 320 Go en image vhd, je l’ai importé dans mon instance Proxmox, et c’était parti pour le convertir en image système afin qu’il puisse être intégré dans une machine virtuelle. On lui alloue un processeur émulé d’Intel Pentium, 1 Go de mémoire vive, un démarrage par un vieux BIOS et ta-da ! J’ai eu énormément peur de voir un BSOD au démarrage, mais j’ai vu apparaître le logo de chargement de Windows XP, j’étais vraiment heureux, je n’en croyais pas mes yeux. J’ai retrouvé à l’identique l’ordinateur fidèlement abandonné par mes parents quelques années plus tard, quand un ordinateur portable l’a remplacé. Les données étaient là, tout était fonctionnel ! Accessible depuis une fenêtre de navigateur, 20 ans en arrière, j’aurais pensé à de la magie noire. Bon évidemment, je n’ai pas pris le soin de la connecter au réseau local de la machine, ni à Internet, vu les risques encourus de nos jours avec les systèmes obsolètes.

J’ai pu explorer les données présentes sur cet ordinateur et je me suis brutalement rappelé que les choses ont bien changé autour de moi, pour le meilleur comme pour le pire. Et même si, en début de mois, j’ai « célébré » l’anniversaire de la disparition d’un proche, la machine virtuelle et ses données, elles, sont encore là et le seront dans 5, 10, 20, 30 ans, qui sait ? La machine virtuelle est désormais sauvegardée, sécurisée et répliquée tous les mois, quasiment tout le temps éteinte, car sans utilité pour mon usage quotidien, mais elle est avec moi, en sécurité, sauvegardée, et si j’ai envie d’avoir ma dose de nostalgie, je n’ai qu’à appuyer sur le petit bouton de démarrage et c’est reparti !

Capture d'écran du démarrage de Windows XP dans la machine virtuelle Capture d’écran du démarrage de Windows XP dans la machine virtuelle (Crédit photo : Moi-même)

Alors, pourquoi je vous ai parlé de tout ça ? Je l’ai mentionné à deux ou trois reprises, mais tout cela est grâce à Claude, c’est lui qui m’a guidé en partie pour mettre en place la machine virtuelle dédiée à l’accueillir, pour me conseiller sur les paramètres à activer, les avertissements et autres dangers encourus pour toutes les opérations effectuées. Alors oui, j’aurais pu faire ça en regardant sur Google, mais l’émulation des processeurs sous Proxmox est une technologie récente, les contraintes techniques de Windows XP et son exportation vers une image système demandent d’autant plus de connaissances et de précautions que je n’avais pas et que Claude m’a données pour arriver à mes fins, et je suis satisfait du résultat ! ❤️‍🩹

Terminal Stories

Dans la catégorie des projets personnels, j’ai nommé Terminal Stories. Oui, parce que faire évoluer les applications existantes, c’est has been pour moi… 🚬🚬🚬

Non, sérieusement, je pense que j’ai juste peur que Claude me dise « Après avoir analysé ce code, je pense que la personne qui a écrit ça ne devrait pas être considérée comme un développeur ». Donc j’ai pris le taureau par les cornes et j’ai créé une application qui me tenait à cœur, j’ai nommé (deuxième fois) : Terminal Stories. Alors, Terminal Stories, qu’est-ce que c’est ? C’est une application Web, utilisant les codes et l’apparence des terminaux de commandes pour permettre de lire des histoires interactives. Ces histoires interactives possèdent des choix, des actions, des conséquences, des univers et une variété de personnages, dont le ou les créateurs sont libres d’en créer autant qu’ils le souhaitent. Bien évidemment, je suis pour le moment l’unique et seul créateur de toutes ces histoires (trois en anglais, trois en français), mais le résultat est là.

Capture d'écran du démarrage simulée de l'application Capture d’écran du démarrage simulée de l’application (Crédit photo : Moi-même)

Et le résultat est surtout là grâce à Claude Opus 4.8, parce que c’est littéralement lui qui a créé l’application à 95 % : le système de lecteur, les effets visuels et sonores, les mécaniques de lecture, de recherche, de sauvegarde, de choix, de conséquences, l’encyclopédie des histoires, le débogage, l’optimisation et tout un tas de choses qui m’auraient pris au minimum plusieurs semaines, voire des mois, pour tout réaliser. Là, en un prompt et un mois de peaufinage, le programme que je voulais était là. Certes, il manque quelques petites fonctionnalités, mais le cœur de l’application est là, accessible, en production, il répond à mes attentes et… what else, franchement ? Vous pouvez d’ailleurs consulter la dernière version de production en cliquant ici.

Alors certes, je n’ai que très peu touché au code, mais j’ai repris plaisir à créer et concevoir des applications. Avec mon expérience passée sur des projets personnels et via mes expériences professionnelles, j’ai donné un cadre clair, un contexte, des règles, des consignes et fait en sorte que Claude puisse créer du mieux possible les fonctionnalités que je voulais. J’ai systématiquement privilégié des prompts courts, cadrés, demandant un plan de développement avant un gros chantier, découpant les tâches les plus grosses, et toute la logique de développeur s’en est retrouvée appliquée ensuite dans le code. OK, le code est perfectible, mais il répond à mes standards, il fonctionne, il n’y a pas de code mort ou de zone d’ombre où je me dis « Hey, je ne sais pas ce que ça fait, mais c’est vaaaaaaaaachement cool ! ».

Capture d'écran de la lecture d'une histoire interactive Capture d’écran de la lecture d’une histoire interactive (Crédit photo : Moi-même)

Concernant ce projet, il me reste des fonctionnalités à ajouter, et mes prochaines étapes sont, après avoir expérimenté Claude sur des petits projets personnels, de refondre des applications datées vers des technologies et des plateformes plus à mon goût. Les tickets GitLab sont là et mes deux candidats sont : mon système de téléversements et de gestion de fichiers appelé « Simple File Storage » et, mon fameux, raccourcisseur d’URL appelé « Raven Url Shortener ». Bon, le dernier, ce n’est pas une refonte, mais plutôt l’achèvement de certaines fonctionnalités chronophages. Bien sûr, ces tâches prendront du temps, mais je sais que ça ira bien plus vite que si je devais le faire seul, sinon ça ne se ferait jamais.

Voilà ce que l’intelligence artificielle m’a apporté très récemment : des expériences enrichissantes, de nouvelles connaissances, des réussites comme des échecs, mais surtout, elle m’a redonné l’envie de m’investir dans des projets personnels plus conséquents à l’avenir. J’espère que la confiance que j’apporte à cette technologie ne sera pas celle qui m’achèvera d’une manière ou d’une autre.

Rome, you know?

Cet été, plutôt le mois dernier, j’ai visité Rome. Le temps d’un week-end prolongé, j’ai visité évidemment les monuments les plus célèbres de la capitale italienne et j’en ai conclu plusieurs choses :

  • Que Rome possède une aura et une ambiance inégalables par rapport au reste des villes de la Méditerranée ;
  • Que les Italiens roulent n’importe comment, le code de la route existe là-bas ? ;
  • Que la France est chère sur beaucoup de choses, dont les transports, l’alimentaire et le coût de la vie.

Je ne pense pas m’étendre davantage sur les sujets que je viens de citer, probablement vous mettre des photos des choses que j’ai visitées, on ne cite plus : le Colisée, le Circus Maximus, les colonnes de Trajan et de plusieurs empereurs romains, la fontaine de Trevi, le Panthéon, la basilique Saint-Pierre (donc le Vatican), les différentes ruines romaines comme des forums, le mont Palatin et tout un tas de choses qui m’ont impressionné. Alors certes, ce n’était peut-être pas la meilleure période pour y aller, je ne compte plus le nombre de touristes ayant fait des malaises dus aux conséquences de la canicule durant le week-end de notre visite. Bien sûr, tout le monde y allait de sa technique pour rester debout : les Asiatiques avec des parapluies anti-UV, les Américains avaient des ventilateurs autour du cou, les autres avec quatre gourdes isolantes qu’ils remplissaient sur les nombreuses fontaines d’eau fraîche de la ville.

Nous avons eu aussi quelques mésaventures avec l’Airbnb, où nous avons littéralement oublié les clés sur la porte au moment du départ… mais les Italiens sont, dans une grande partie, très accueillants et avenants envers les touristes. Les restaurants touristiques pratiquent des tarifs très élevés, mais quand on s’éloigne un peu, on découvre des petites pépites où on se sent bien et où on passe nos meilleures soirées, voire nuits pour les intimes. Bref, ce fut une belle expérience et je vous laisse avec quelques photos que je trouve, à titre personnel, superbes.

Photographie du Colisée romain de nuit (2026) Photographie du Colisée romain de nuit (2026) (Crédit photo : Moi-même)

Photographie de la basilique Saint-Pierre (2026) Photographie de la basilique Saint-Pierre (2026) (Crédit photo : Moi-même)

Photographie de la fontaine de Trevi (2026) Photographie de la fontaine de Trevi (2026) (Crédit photo : Moi-même)

Photographie des ruines du forum romain (2026) Photographie des ruines du forum romain (2026) (Crédit photo : Moi-même)

La coupe du monde du féminisme

STOP, restez ici, ne partez pas. On va parler de la coupe du monde aussi.

Bon, on va faire abstraction de notre très bonne performance en coupe du monde cette fois-ci, aidée notamment grâce au Dictateur Kylian Mbappé, qui est probablement bien meilleur en équipe nationale qu’au Real de Madrid, mais passons, sinon nous allons réveiller les fouteux.

Durant cette période, toujours quelque chose de voir les gens se mettre autour d’un verre, dans un bar ou au restaurant, pour voir les matchs de la coupe du monde, et même si je me souviendrai toujours des matchs de la coupe du monde de 2018 où on a mis une raclée au monde entier, il faut dire que cette nouvelle génération de joueurs a permis d’insuffler de nouveaux rêves dans une équipe nationale en perte de vitesse une décennie en arrière. Les nouveaux visages de cette équipe parlent beaucoup à la nouvelle génération, aux jeunes, qui se reconnaissent dedans, et je trouve que c’est une très bonne chose : il nous faut des personnes célèbres, jeunes, fières et fidèles à certaines valeurs, que beaucoup partagent aujourd’hui.

Les plus anciens d’entre nous se rappelleront la finale de 1998 ; malheureusement, je n’y étais pas, je n’existais même pas en tant que cellule, donc c’était peine perdue pour voir les performances de Zidane et toute sa bande. Je n’espère qu’une chose : que l’équipe de France décroche d’autres succès et continue à faire battre le cœur des supporters durant les matchs, toujours avec respect et cohésion. Car en ce moment, c’est bien de la cohésion qu’il nous faut. Entre l’arrivée des élections présidentielles, les tensions économiques et sociales, il est plus que nécessaire que les gens se soudent à nouveau autour du sport, l’une des forces de notre nation.

Célébration de l'équipe de France durant le match contre le Maroc (2026) Célébration de l’équipe de France durant le match contre le Maroc (2026) (Crédit photo : Marvin Ibo Gungor)

Au-delà du football, j’étais aussi là pour vous parler de lecture. Oh, ça vous choque ? Oui, je sais encore lire, je me surprends moi-même à enchaîner les pages tout en comprenant ce que je lis. Plus jeune, je laissais ma mère lire à haute voix les livres que mes professeurs me donnaient à lire, parce que je n’avais aucune envie de lire. Et puis, on se réveille un jour dans le corps d’un gars de 26 ans et on ne peut plus demander à sa mère des choses aussi futiles. Pour reprendre la lecture, n’étant pas un grand fan de livres d’aventure, d’action, de policier, de fantasy ou autre, je me suis dit : « Autant apprendre quelque chose d’utile. »

J’ai donc commencé à lire un livre… sur… roulement de tambours le féminisme 🧐. Bon, c’est plutôt exagéré : le livre « Ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes », de l’autrice et historienne française Lucile Peytavin, raconte ce que le comportement des hommes implique comme coût pour l’État français. À titre personnel, j’avais une certaine appréhension pour ce genre de livres, déjà parce que, dans l’imaginaire collectif des hommes, le féminisme doit toujours être extrême ; la première image qu’on peut avoir en tête, ce sont les actions coups de poing de femmes qui dénoncent, partiellement dévêtues (les femmes apprécieront mon cliché), les cas de viols ou d’agressions sexuelles dans certaines structures ou en public. Mais il faut rappeler que le féminisme est aussi un courant de pensée, tout à fait acceptable et normal, au même titre que d’autres courants dans notre société. En lisant les premières pages, je m’attendais à beaucoup de critiques envers les hommes, envers nos comportements, nos actions passées envers le monde et envers les femmes, et… non.

Couverture du livre « Ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes » Couverture du livre « Ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes » (Crédit photo : Lucile Peytavin)

En fin de compte, j’ai bouffé les pages, j’ai apprécié. Déjà, le livre était factuel : beaucoup de statistiques, de chiffres, de faits établis à partir des chiffres de l’État français. On parle du nombre d’hommes en prison, de la répartition par catégories de crimes commis, du coût par détenu, mais aussi du coût des comportements néfastes dans la vie de tous les jours, les auteurs d’excès de vitesse, d’accidents mortels, de vol, d’agressions, de cambriolages, et dans un cadre scolaire, le taux de garçons et de filles punis par sanctions disciplinaires dans les collèges et lycées, etc. À la fin de tout ça, j’en ai conclu que bon nombre de mes pairs masculins causent beaucoup de tort à la société et font perdre de l’argent, par leur propre faute, à l’État français et indirectement à nous. Il n’y a qu’à regarder ceux qui roulent n’importe comment sur les routes du sud, ceux qui font mobiliser les forces de l’ordre pour les chasser, ceux qui attaquent, agressent, parfois tuent des personnes parfois banales, jusqu’à leur propre conjointe. On perd un pognon de dingue comme dirait notre cher Président.

Effectivement, ce genre de livres bouscule mon ego, mais il faut prendre un peu de hauteur et prendre conscience que nos actions ne sont pas si anodines pour le reste de la société. Je souhaite que les hommes se comportent plus comme des femmes : d’une façon générale, les gens (très souvent des hommes) sont beaucoup trop agressifs, sur la défensive, et n’aiment pas qu’une tierce personne vienne dans leur zone de confort, leur donne des ordres ou défie leur autorité : c’est un problème. Les mouvements féministes disent régulièrement : « Pas tous les hommes, mais toujours des hommes », c’est vrai, et nier la réalité, c’est aussi nier que nos propres comportements personnels peuvent avoir des conséquences que les femmes, elles, n’auraient pas, ou géreraient parfois autrement. Je soutiens pleinement. 👍

Enfin, le deuxième livre que je suis encore en train de lire s’appelle « Femmes invisibles » de l’autrice et militante britannique Caroline Criado Perez. Celui-ci est… pour le coup un peu plus tranchant que le livre précédent. Bon, déjà, on sent que l’autrice a une certaine aversion envers les hommes, en particulier ceux qui ont façonné la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui, et je la comprends en partie. Oui, parce qu’en tant qu’« homme blanc hétérosexuel », il y a des choses que je n’ai pas vécues et que je ne vivrai jamais, principalement à cause de mon sexe et de ma couleur de peau. Mais quand on regarde le reste du spectre, être une femme ou avoir un teint de peau pas très « européen » peut vous faire passer dans une autre dimension. Les gens peuvent avoir des réactions totalement différentes, parfois juste parce que vous avez le mauvais prénom ou parce que la vie vous a fait naître femme.

Dans le livre, à partir de témoignages, mais aussi de statistiques officielles, l’autrice aborde comment la société est injuste envers les autres : comment, par exemple, la sécurité automobile est conçue autour des hommes et que les femmes sont notamment plus sujettes à être blessées gravement ou tuées en cas d’accident ; ou encore comment le monde du travail est conçu pour les hommes, sans tenir compte des réalités biologiques et sexuelles inhérentes aux femmes, dont une majorité peuvent tomber enceintes et ont des besoins plus conséquents. Ou enfin, quand on réalise que, dans de nombreux domaines, dont le domaine médical, les femmes étaient sensiblement plus sujettes à décéder à l’hôpital pour une simple opération qu’un homme, à cause du manque cruel de données les concernant durant des siècles.

Couverture du livre « Femmes invisibles » Couverture du livre « Femmes invisibles » (Crédit photo : Caroline Criado-Perez)

Il y a manifestement des choses à changer dans nos sociétés modernes, et même si ces dernières se sont véritablement améliorées, il manque encore beaucoup de choses pour qu’elles fonctionnent aussi bien pour les hommes que pour les femmes, et encore plus pour les minorités, qui sont aussi laissées pour compte la majeure partie du temps. Les études de nos jours manquent cruellement de données sur les femmes, les décisions les plus importantes de notre vie sociale sont prises par des hommes, sans connaissance des besoins féminins, par manque de données et tout simplement parce que les décisionnaires sont majoritairement des hommes. Mais j’ai espoir que tout cela change.

Et voilà ! Vous pouvez rouvrir les yeux ! 🥲

Je lirai sans doute des livres plus consensuels à l’avenir, entre deux parties de Mario Kart DS et une construction de fleurs Lego. Mais pour l’instant, je pense avoir accompli mon objectif de lire et d’apprendre de nouvelles choses, ce n’est déjà pas si mal ! ✨

Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie.

François Poulain de la Barre

C’est terminé ?

Félicitations, vous avez terminé de lire tout ça ! J’espère que la lecture a été beaucoup plus courte que les autres fois et plus agréable surtout. Passez à toutes et à tous un très bel été, profitez bien et on se revoit très vite pour de nouveaux sujets à croquer ! ~